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Un nouvel outil d’écriture : Le Stylo

L’apparition du stylo représente une étape importante de l’évolution du matériel d’écriture qui, du calame à la plume d’oie, de la plume métallique au porte-plume à réservoir, s’oriente en permanence vers des formes plus pratiques.

Les outils de l’écriture se développent le jour où un scribe sumérien incise sur une tablette d’argile les signes de la première écriture, au IVème millénaire avant J-C.

Le « calame », simple roseau taillé, sert donc à tracer les signes pictographiques de l’écriture sumérienne. Mais lorsque le scribe veut écrire vite « il ne tarde pas à s’apercevoir que sur l’argile fraîche il est plus aisé d’imprimer des marques que de tracer des lignes, surtout si elles sont courbes, l’emploi simultané, à haute époque, de deux instruments, le calame à pointe effilée pour tracer et le poinçon à bout rond pour imprimer le lui rappelle sans cesse ». Ce fait relevé par l’historien de l’écriture J.G. Février explique pourquoi l’écriture sumérienne, subissant la « tyrannie » de l’outil, passe très tôt d’un stade pictographique à un stade cunéiforme.

Le nouveau calame taillé en biseau, sert à imprimer des « coins » plus ou moins allongés, plutôt qu’à les tracer.

Entre-temps, la gravure au burin sur pierre fait son apparition en Égypte, mais c’est un procédé lent réservé à des circonstances exceptionnelles. Le calame est donc l’outil d’écriture le plus utilisé

dans l’Antiquité et il reste d’usage courant pour écrire sur des tablettes de cire, jusqu’au VIIème siècle de notre ère.

Les débuts de l’écriture à encre sur papyrus et sur parchemin entraînent toutefois une transformation des techniques et des procédés d’écriture. Ils rendent en particulier possible l’écriture cursive où les caractères  sont liés entre eux, ce qui simplifie le tracé et permet une graphie plus coulante. Naturellement ni le calame ni à fortiori le burin ne permettent d’écrire sur les nouveaux supports.

On emploi à cette fin des plumes d’oiseaux qui sont mentionnés de façon sûre sous le roi ostrogoth Théodoric (VIème siècle).

La célèbre plume d’oie, provient en fait, d’animaux très divers : vautour, pélican, cygne, corbeau, canard et bien entendu, oie. On la taille en double biseau, avec une fente au centre d’où peut s’écouler l’encre, technique délicate qui est élevée au rang d’un art, mais elles s’usent vite ; aussi les plumes métalliques commencent-elles à les remplacer au XVIIème siècle en Europe.

D’abord objet de luxe, car en argent, les plumes se démocratisent à partir de 1776 date à laquelle le Français Alexandre Arnoux invente la plume économique.

Parallèlement, les inventeurs commencent  à doter ces plumes de réserve d’encre de manière à contenir une quantité d’encre qui coule petit à petit et entretient l’écriture sans obliger à en prendre une nouvelle.

En 1883, lassé des fuites perpétuelles de son porte-plume à réservoir, l’Américain Lewis Edson Waterman se penche sur la question du mauvais échange encre-air, qui est le principal responsable de cette mauvaise alimentation des stylos. Il a alors l’idée d’alimenter la plume des instruments, par capillarité à l’aide d’une pièce appelée « conduit ».

Celle-ci qui est dotée de petits canaux capillaires, s’adapte de manière étanche dans la jonction du réservoir et permet une alimentation en encre normale ; son brevet du « Régular » fut déposé, le 12 février 1883. Le succès est immédiat et total.

La seule concurrence véritable viendra du stylo à bille et, naturellement de la machine à écrire.

Antoine FRAU

Le 05 octobre 2009

 

 

Antoine FRAU – Le 04 juin 2009

 

 
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