| L'appel du Sahara |
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L' immensité d'un autre monde![]() Commentaire par M.Frau, sur la somptueuse et émouvante soirée thématique sur Arte à 20h40 le 22 avril 2007
Il y a une vie étrange et foisonnante au cœur du Sahara, qui était autrefois un océan, puis une forêt luxuriante.
Ah, le désert ! Si loin, si proche. Un autre monde, absolument autre, austère et familier, vide et peuplé, désirable et cruel. Un monde où chaque oasis est un miraculeux écosystème, où chaque rendez-vous est un événement.
Le Sahara, la « mer sans eau » du continent africain .C’ est 8 millions de kilomètres carrés de sable et de roches. La beauté même !
Voyez les horizons se succéder à l’infini.
Voyez la peau ridée des dunes qui n’en finissent pas de se faire et de se défaire sous le vent.
Voyez les colonnes de basalte qui se dressent ici ou là comme des géants de pierres figées.
Ou les couleurs psychédéliques de l’aube au milieu de nulle part, au cœur du néant.Comme disait André Gide, un amoureux du désert, « Ici tout pourrait vivre si seulement coulait un peu d’eau. »
Les Touareregs, eux dirent « Allah a débarrassé son jardin de toute vie inutile »
Pourtant la vie est là, opiniâtre, fascinante. Est-elle donc « utile, cette vipère à cornes , roulée en spirale, qui s’enfonce lentement dans le sable en la faisant crisser autour d’ elle , puis s’immobilise pour attendre sa proie ?Disons qu’elle a le mérite d’exister, de persévérer dans son être, et de nous fasciner par sa mystérieuse élégance.
Voici un fier scorpion hardiment cambré sur ses pattes, soudain croqué par un hérisson des sables. Voici de petits rongeurs qui passent leur s journées à se creuser des terriers éphémères, qui seront bientôt balayés par le vent s’ils n’ont pas été vidés par le redoutable varan.
Mais qu’y a t il donc la dessous ?
Peut-être les restes d’une jungle, les vestiges d’anciennes civilisations ?
Le Sahara n’a pas toujours été un désert. Il y avait ici de l’eau, des forêts.
Il y a dix millions d’années, un océan recouvrait cette partie de l’Afrique, les fossiles en témoignent, ainsi que des concrétions salines. Il y a cinq milles ans, il n’y avait pas ici de chameaux, mais une forêt luxuriante, un jardin d’Eden, une jungle à la Kiplins peuplée d’une faune tropicale. Des explorateurs ont découvert dans le désert de Lybie, dans les années 1930, des gravures rupestres représentant des girafes, des éléphants, et des hommes entrain de nager !
![]() Il existe de vrais paradis secrets, comme l’oasis qui entoure le « volcan an namous », le volcan des moustiques, dans le sud de la Lybie, de l’autre côté du Grand Erg, à 300 Kilomètres du premier village.
Le volcan a libéré une immense nappe phréatique. Imaginez une vaste dépression de quatre kilomètres de diamètres et dix kilomètres de circonférence. Une sorted’amphithéâtre de 80 mètres de profondeur. Et là dedans des plans d’eau, des roseaux, des insectes, des couleurs, des milliers d’oiseaux migrateurs, un fourmillement d’espéces.Des caméléons verts s’accouplent comme des acrobates, suspendus à une branche d’arbre. Un faucon lanier vient chasser, l’œil conquérant, mais il est obligé de décamper devant la danse guerrière d’un cobra des sables….
C ‘est presque trop beau, on se croirait dans un film de Walt Disney. Mais d’où viennent-ils ? Comment ce crocodile qui vient d’accoster sur la rive du lac est il arrivé là, au milieu du désert ? A L’évidence, ces animaux sont des fossiles vivants et constituent la preuve zoologique du passé fertile du Sahara. Ils vivaient là, dans la grande forêt, et ils ont été piégés par la désertification.
Mais comment la grande forêt tropicale est elle devenue un désert ?
La terre a t elle bougé sur son axe, comme certains le pensent ?
Je ne saurais résister au plaisir de terminer ce chapitre par cette petite blague catholique
Un missionnaire marche dans la savane et se trouve soudain face à un lion rugissant. Le prêtre supplie Dieu de lui venir en aide : « Seigneur inspirez des sentiments chrétiens à ce fauve »
Aussitôt un miracle se produit ; le lion arrête sa course, se met à genoux et prie :
« Seigneur, bénissez ce repas Amen »
Antoine Frau Résidence Parc Sud Roussillon le 4 Octobre 2011 |




Ou les couleurs psychédéliques de l’aube au milieu de nulle part, au cœur du néant.