Daniel Balavoine Imprimer Envoyer

Un hors du commun

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Tout le monde connaît ce grand artiste qu'était Daniel Balavoine.Sa mort nous a tous boulversé et M.Frau nous fait part de sa réflexion sur cet homme de talent.

 

DANIEL BALAVOINE
DANIEL BALAVOINE Il était un artiste. Une gueule. Une grande gueule « Je m’emporte pour ce qui m’importe », disait-il ; en un coup de colère médiatique il était devenu une sorte de leader.
C’était un être intelligent, sensible et déchiré, un modèle de courage et d’intégrité, un homme aux dons multiples qui voulait vivre à fond ses passions.
Auteur, musicien et chanteur, Daniel Balavoine poursuivait à travers les mots, sa quête éperdue des autres, cultivant ce besoin de fraternité qui restait son principal moteur. Il était devenu un symbole des années 1980, et la voix de toute une génération. Car cet homme plein de bonté et de colère s’était investi dans une véritable croisade : il voulait rendre le monde meilleur.
Après avoir disputé un Paris-Dakar comme coéquipier de Jean-Luc Roy, Daniel Balavoine avait décidé de venir en aide aux populations subsahariennes.
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Bien avant que la sauvegarde de la planète ne soit devenue un message porteur, et une attitude tendance, il avait voulu faire reculer le désert en y faisant jaillir de l’eau, ce bien précieux entre tous. Mais gardant en mémoire l’échec des précédentes campagnes humanitaires, il avait tenu à vérifier sur place son action, et à remettre en mains propre aux chefs de villages, les motopompes acheminées depuis la France ; il avait ainsi transformé cette cavalcade mécanique, ce grand show planétaire qu’est le Paris-Dakar en un émouvant « Pari du cœur ».
Il est mort, à 33 ans à l’orée de tous les possibles…
Il était mû par la volonté d’être, plutôt que de paraître, et affichait un pessimisme actif qui le poussait à agir, toujours agir, dans une course éperdue vers le soleil. Balavoine était un homme pressé, il consumait sa vie avec la fièvre de ceux qui semblent savoir qu’ils n’auront pas beaucoup de temps, ceux qui éprouvent cette mystérieuse prescience de leur fin, imminente.
Il était plutôt brouillon dans sa vie, qu’il menait pied au plancher.
Lui qui chantait « je veux le droit au désespoir » ou « je veux mourir malheureux pour ne rien regretter » est mort heureux : sa compagne Corinne, l’Aziza de la chanson, attendait un enfant, et il s’émerveillait de cette vie naissante, si fragile encore. Lui qui chantait « je ne suis pas un héros» est mort à la manière d’un héros de notre temps de métal, foudroyé dans la pénombre du désert …
On peut aimer le Paris Dakar est détester ce jour de neige sur Paris ou un coup de téléphone, à l’aube nous à appris la mort d’un ami, au loin désintégré au creux des dunes.
Les hommes porteurs d’espérance meurent toujours trop tôt.
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Balavoine, qui se montrait si choqué par l’injustice et la misère, ne donnera jamais sa mesure : il n’était encore qu’à l’orée d’une monumentale carrière, et d’une vie sans doute tumultueuse.
Que reste-t-il de lui aujourd’hui ?
Ses chansons bien sûr, comme autant de messages d’espoir, ces chansons qui disaient tant de vérités immuables. Quelques images télévisées aussi, quelques clips, et puis des photos. Sur ces clichés qui l’immobilise à jamais, avec sa tignasse en bataille et l’éclat vif de son regard, ceux qui l’ont connu le revoient si vivant … Ceux là gardent en eux le souvenir de ses emportements et de moments très doux d’amitié, de ses appels du bout du monde et de ses chansons qu’il vous faisait découvrir en sa compagnie, dans une exaltation fébrile mêlée d’anxiété, ces chansons qui continuent de nous serrer le cœur, vingt ans après, d’une émotion intacte. Il reste une voix, donc, une silhouette et un regard, il reste la solitude et la générosité d’un homme épris de justice, et puis le souvenir d’instants heureux. Il reste l’image tremblée d’un hélicoptère, un grondement au crépuscule, un destin éparpillé sur le sable…
Il reste un vieux numéro de téléphone qu’on ne compose plus, et un chagrin supplémentaire dans cette vie qui n’en manque pas…

Antoine et Carmèle FRAU Résidence sénior Le 04 décembre 2011
 
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